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Chronique d'une histoire Le petit livre bleu
Mercredi 28 septembre 2005 3 28 /09 /Sep /2005 00:00
Une histoire …. Dimanche 4 novembre 2001, il fait beau. J’arrive du cimetière, la vie est belle ! pourtant quelle chienlit, la vie. Dans le dictionnaire, chienlit veut dire : masque de carnaval, mascarade, déguisement, désordre, pagaille, confusion. Les couleurs sont belles. C’est l’automne ! Je te retrouve, les petites cyclamens, que j’avais laissées blanches sont devenues violettes, comme tes yeux. Je les ai replantées, ma mère, Marguerite, Catherine, Julius Quatre-Solz de la Hante. Je te dois tant !. Ces vibrations que je ressens si fort me donnent envie d’écrire ce livre qui est en moi depuis des années. Tu es bien entourée, Verlaine est à deux pas. Je n’ai jamais osé mettre une fleur sur sa tombe mais je fais le détour. Je ne sais pourquoi j’aime les cimetières. Un pouvoir magique en émane. Peut-être est-ce bientôt mon tour ! Je retrouve la maison apaisante, avec ses beaux tableaux. Je suis, heureuse ! heureuse de l’énergie et du pouvoir que tu me donnes ! Je vous dois tout, merci de m’avoir mis au monde, de m’avoir fait grandir ! Pourtant les échecs, j’en ai connu, pendant ces dix dernières années d’errance. Elles m’ont peut-être rendues plus fortes et plus accomplies ! Ce fort désir d’être ailleurs, de retrouver un endroit idéal qu’elle avait connu avant, quelque part, dans l‘avant vie, l’avant naissance Une impression de déjà vu ! peut-être celle d’une vie antérieure, un goût plus prononcé pour l’ailleurs. Je dis, je te dois tout, d’abord le plaisir de peindre. Le jour de l’anniversaire de ta disparition, j’ai voulu manifester mon espoir de ne t’avoir point perdue, de faire quelque chose spécialement pour toi, qui te serait destinée, à toi seule J’ai pris ce que j’avais sous la main, une feuille de papier d’Arches, le charbon de la cheminée sous la cendre qui donne des nuances de noir, du noir le plus sombre au noir le plus gris pour dessiner des oiseaux. J’essayais de les dessiner en vol, en les copiant, c’était nul, alors dans ma tête je me suis dit, c’est moi l’oiseau et ils sont venus tout seuls, esquissés dans un mouvement lourd et de plus en plus léger comme s’ils partaient dans l’infini ; Un contour flou, un « sfumato »doux, des cailloux, du gravier, du safran, dans un pot de ma cuisine, j’écrasai, sur ma feuille tout ce qui pouvait l’être, des feuilles, des fleurs, des baies avec frénésie. Au milieu, une colombe qui se voulait le symbole de l’espoir, un « splach » horrible, j’allais alors chercher dans ma cuisine du papier sulfurisé, esquissais une colombe ; la colombe de Georges Braque, je lui donnais des vibrations ou tremblées du plus étrange effet. Je plissais mon papier afin de lui donner plusieurs dimensions, en tout cas deux. Je collais le papier ainsi plissé au milieu du panneau avec de la bougie, un peu jaune or que je laissais baver sur le pourtour. Le résultat par sa gaucherie était assez réussi et je l’appelais « Hommage à Georges Braque ». voilà mon début, je fus guidée dans mon poignée et dans mon bras jusque à l’épaule par une force que je ne connaissais pas et qui dans le moment m’habitait toute entière. Une sensation de joie intense m’envahit et me donna dans l’instant une forte exaltation, brève, mesurée,une quiétude heureuse et une grande sérénité. Ce papier galvanisé m’a ensuite permis de travailler ces papiers sulfurisés avec des encres de chine,de l’oxyde de fer, du rouge de cadmium et d’autres matériaux qui adhèrent complètement, je les appelé des « Pliures », je les plissais afin de leur donner de l’espace, du volume et du jeu dans les caches des « pliures ». Cela a donné prétexte à une exposition dans un beffroi, du X1siècle. Une ligne, un trait de plume ou de pinceau venu du hasard, accidentelle, fortuite peut décliner une image, l’œil, la main, la tête, la mémoire travaillent de concert. Le hasard fait surgir des figures qui sont enfouies dans la mémoire. La Nature est Art. L’abstraction est toute entière dans les détails , il suffit de réunir tous ces détails pour arriver à la « Figuration », toutes ces lignes dans tous les sens donnent « L’Abstraction ». Les gens sont peu observateurs, ils ne savent pas regarder, l’homme n’a rien inventé, tout est contenu dans la nature . Si vous faites de votre main un « cornet », pour scruter par exemple les branches d'un arbre, ou sur un tableau la même chose vous aurez une abstraction très moderne, vous rattachez les morceaux et vous avez un tableau figuratif. En général, la masse des gens ne voit pas la réalité des choses, ils transforment et ne sont pas objectifs sinon ils ne seraient pas aussi obtus à l’Art Contemporain, pour eux c’est de « l’hébreu » car ils n’ont pas fait l’effort de cette réflexion. Je n’ai jamais pris de ma vie de cours de dessin, quelques soirées aux beaux-arts de Paris ne m’a pas appris grand chose, jai rencontré en revanche, un professeur d’un certain âge qui savait dessiner, il m’a conseillé de ne pas continuer, de faire une exposition. Je n’ai pas eu de ce fait à me défaire de ce savoir-faire, laissant toute liberté au trait, épaississant encore la touche, granulant la surface de la toile, la technique que j’emploie est pure invention d’autant plus facile que je n’ai pas eu besoin de me défaire d’une discipline, n’en n’ayant aucune. J’observe, mon œil avale. Paul Klee disait dans son Journal : « On apprend à voir derrière la façade, à saisir une chose à la racine.On apprend à reconnaître les forces sous-jacentes. On apprend la préhistoire du visible. » c’est cette préhistoire que toute sa vie Paul Klee va explorer pour s’approcher du réel. Il a cette belle phrase : «L’art ne refait pas le visible. Il rend réel. Celui qui regarde doit transmettre ce qu’il voit, la douceur de l’arbre, la noirceur du soleil noir, la beauté du givre dans l’aube du matin naissant, l’ombre portée dans les feuillages. Je suis née dans une famille qui, au départ, avait tout pour être « privilégiée ». À Marseille où mon père travaillait dans une affaire de pétrole. Une sœur aimée, plus âgée. La petite enfance a laissé des traces indélébiles qui l’ont marquées et poursuivies, en bien, une vie heureuse pendant les premières années, qui s’écroule ! L’homme dont elle porte le nom est tué, assassiné par des adolescents à qui on donne un fusil le 11 juin 1944, ils le somment de s’arrêter, il avait bu, sur sa bicyclette, il continue, il meurt. Ma mère m’avoue en pleurs que c’est un bienfait or à sept ans cela laisse des cicatrices, des empreintes indélébiles. Je me sentais peu proche de lui. Il m’a laissé, petite fille, la marque d’un homme très beau, d’une grande distinction mais pas de tendresse, peu d’affection, un grand vide, il y avait des gens pour ça. ! À la maison, un professeur de piano qui flirtait avec le cuisinier, une préceptrice qui m’aimait et détestait ma sœur, ma grand-mère, en tout cas, une des deux qui faisait tout pour essayer de nous insuffler une éducation qu’elle croyait bonne. Elle m’a appris à lire, bonne-maman, elle était sourde comme « un pot », je soufflais à ma sœur tous les mots qu’elle attendait d’elle. Les animaux furent nos compagnons de jeu, on les déguisait, chèvres, cochons, chiens, chats, ils partageaient notre vie dans cette belle demeure. Je crois avec du recul avoir été heureuse et avoir gardé en moi le goût du bonheur qui, plus tard va m’empêcher de sombrer. Ma mère inconsciente m’a fait du mal, je suis devenue sa confidente, son exutoire, son « écuelle » son amertume. Sa vie gâchée. En effet, quel gâchis, se retrouver en « Marie-Antoinette » si ! jeune, cela peut paraître romantique mais au milieu de métayers arrogants, conquistadors de terres qu’ils n’avaient pas. Elle a su récupérer au bout de tant d’années des fermes en allant chaque samedi à bicyclette au tribunal paritaire afin d’en vivre et de nourrir ses filles. Toute sa vie je lui garderai une grande gratitude et une admiration sans borne pour cette démarche à laquelle elle n’était pas préparée ! Je vivais en osmose avec elle. Elle était amorale, quelque part. Mais un goût exquis, elle reçu, fille unique une éducation mesquine et castratrice, que je compris très vite. Au fond, je l’excusais, elle connaissait enfin la liberté, l’indépendance, le choix de ses actes. Dans la « pauvreté » toute relative, nous avions le superflu et pas le nécessaire. J’ai eu la chance ou le privilège de le comprendre vite. Dimanche 4 novembre 2001 , il fait beau . J’arrive du cimetière , la vie est belle ! pourtant quelle chienlit , la vie . Dans le dictionnaire , chienlit veut dire : masque de carnaval , mascarade , déguisement , désordre , pagaille , confusion . Les couleurs sont belles . C’est l’automne ! Je te retrouve , les petites cyclamens , que j’avais laissées blanches sont devenues violettes , comme tes yeux . Je les ai replantées , ma mère , Marguerite , Catherine , Julius Quatre-Solz de la Hante . Je te dois tant !. Ces vibrations que je ressens si fortes me donnent envie d’écrire ce livre qui est en moi depuis des années . Tu est bien entourée , Verlaine est à deux pas . Je n’ai jamais osé mettre une fleur sur sa tombe mais je fais le détour . Je ne sais pourquoi j’aime les cimetières . Un pouvoir magique en émane . Peut-être est-ce bientôt mon tour ! Je retrouve la maison apaisante , avec ses beaux tableaux . Je suis , heureuse ! Heureuse de l’énergie et du pouvoir que tu me donnes ! Merci de m’avoir mis au monde , de m’avoir fait grandir ! Pourtant les échecs , j’en ai connu , pendant ces dix dernières années d’errance . Elles m’ont peut-être rendues plus fortes et plus accomplies ! Ce fort désir d’être ailleurs , de retrouver un endroit idéal qu’elle avait connu avant , quelque part . Une impression de déjà vu !
Par Florence w - Publié dans : lupin
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