Une histoire
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Dimanche 4 novembre 2001, il fait beau. Jarrive du cimetière, la vie est belle ! pourtant quelle chienlit, la vie. Dans le dictionnaire, chienlit veut dire : masque de carnaval, mascarade, déguisement, désordre, pagaille, confusion. Les couleurs sont belles. Cest lautomne ! Je te retrouve, les petites cyclamens, que javais laissées blanches sont devenues violettes, comme tes yeux. Je les ai replantées, ma mère, Marguerite, Catherine, Julius Quatre-Solz de la Hante. Je te dois tant !. Ces vibrations que je ressens si fort me donnent envie décrire ce livre qui est en moi depuis des années. Tu es bien entourée, Verlaine est à deux pas. Je nai jamais osé mettre une fleur sur sa tombe mais je fais le détour. Je ne sais pourquoi jaime les cimetières. Un pouvoir magique en émane. Peut-être est-ce bientôt mon tour ! Je retrouve la maison apaisante, avec ses beaux tableaux. Je suis, heureuse ! heureuse de lénergie et du pouvoir que tu me donnes ! Je vous dois tout, merci de mavoir mis au monde, de mavoir fait grandir ! Pourtant les échecs, jen ai connu, pendant ces dix dernières années derrance. Elles mont peut-être rendues plus fortes et plus accomplies ! Ce fort désir dêtre ailleurs, de retrouver un endroit idéal quelle avait connu avant, quelque part, dans lavant vie, lavant naissance Une impression de déjà vu ! peut-être celle dune vie antérieure, un goût plus prononcé pour lailleurs.
Je dis, je te dois tout, dabord le plaisir de peindre. Le jour de lanniversaire de ta disparition, jai voulu manifester mon espoir de ne tavoir point perdue, de faire quelque chose spécialement pour toi, qui te serait destinée, à toi seule Jai pris ce que javais sous la main, une feuille de papier dArches, le charbon de la cheminée sous la cendre qui donne des nuances de noir, du noir le plus sombre au noir le plus gris pour dessiner des oiseaux. Jessayais de les dessiner en vol, en les copiant, cétait nul, alors dans ma tête je me suis dit, cest moi loiseau et ils sont venus tout seuls, esquissés dans un mouvement lourd et de plus en plus léger comme sils partaient dans linfini ; Un contour flou, un « sfumato »doux, des cailloux, du gravier, du safran, dans un pot de ma cuisine, jécrasai, sur ma feuille tout ce qui pouvait lêtre, des feuilles, des fleurs, des baies avec frénésie. Au milieu, une colombe qui se voulait le symbole de lespoir, un « splach » horrible, jallais alors chercher dans ma cuisine du papier sulfurisé, esquissais une colombe ; la colombe de Georges Braque, je lui donnais des vibrations ou tremblées du plus étrange effet. Je plissais mon papier afin de lui donner plusieurs dimensions, en tout cas deux. Je collais le papier ainsi plissé au milieu du panneau avec de la bougie, un peu jaune or que je laissais baver sur le pourtour. Le résultat par sa gaucherie était assez réussi et je lappelais « Hommage à Georges Braque ». voilà mon début, je fus guidée dans mon poignée et dans mon bras jusque à lépaule par une force que je ne connaissais pas et qui dans le moment mhabitait toute entière. Une sensation de joie intense menvahit et me donna dans linstant une forte exaltation, brève, mesurée,une quiétude heureuse et une grande sérénité. Ce papier galvanisé ma ensuite permis de travailler ces papiers sulfurisés avec des encres de chine,de loxyde de fer, du rouge de cadmium et dautres matériaux qui adhèrent complètement, je les appelé des « Pliures », je les plissais afin de leur donner de lespace, du volume et du jeu dans les caches des « pliures ». Cela a donné prétexte à une exposition dans un beffroi, du X1siècle. Une ligne, un trait de plume ou de pinceau venu du hasard, accidentelle, fortuite peut décliner une image, lil, la main, la tête, la mémoire travaillent de concert. Le hasard fait surgir des figures qui sont enfouies dans la mémoire.
La Nature est Art. Labstraction est toute entière dans les détails , il suffit de réunir tous ces détails pour arriver à la « Figuration », toutes ces lignes dans tous les sens donnent « LAbstraction ». Les gens sont peu observateurs, ils ne savent pas regarder, lhomme na rien inventé, tout est contenu dans la nature . Si vous faites de votre main un « cornet », pour scruter par exemple les branches d'un arbre, ou sur un tableau la même chose vous aurez une abstraction très moderne, vous rattachez les morceaux et vous avez un tableau figuratif. En général, la masse des gens ne voit pas la réalité des choses, ils transforment et ne sont pas objectifs sinon ils ne seraient pas aussi obtus à lArt Contemporain, pour eux cest de « lhébreu » car ils nont pas fait leffort de cette réflexion. Je nai jamais pris de ma vie de cours de dessin, quelques soirées aux beaux-arts de Paris ne ma pas appris grand chose, jai rencontré en revanche, un professeur dun certain âge qui savait dessiner, il ma conseillé de ne pas continuer, de faire une exposition. Je nai pas eu de ce fait à me défaire de ce savoir-faire, laissant toute liberté au trait, épaississant encore la touche, granulant la surface de la toile, la technique que jemploie est pure invention dautant plus facile que je nai pas eu besoin de me défaire dune discipline, nen nayant aucune. Jobserve, mon il avale. Paul Klee disait dans son Journal : « On apprend à voir derrière la façade, à saisir une chose à la racine.On apprend à reconnaître les forces sous-jacentes. On apprend la préhistoire du visible. » cest cette préhistoire que toute sa vie Paul Klee va explorer pour sapprocher du réel. Il a cette belle phrase : «Lart ne refait pas le visible. Il rend réel. Celui qui regarde doit transmettre ce quil voit, la douceur de larbre, la noirceur du soleil noir, la beauté du givre dans laube du matin naissant, lombre portée dans les feuillages.
Je suis née dans une famille qui, au départ, avait tout pour être « privilégiée ». À Marseille où mon père travaillait dans une affaire de pétrole. Une sur aimée, plus âgée. La petite enfance a laissé des traces indélébiles qui lont marquées et poursuivies, en bien, une vie heureuse pendant les premières années, qui sécroule ! Lhomme dont elle porte le nom est tué, assassiné par des adolescents à qui on donne un fusil le 11 juin 1944, ils le somment de sarrêter, il avait bu, sur sa bicyclette, il continue, il meurt. Ma mère mavoue en pleurs que cest un bienfait or à sept ans cela laisse des cicatrices, des empreintes indélébiles. Je me sentais peu proche de lui. Il ma laissé, petite fille, la marque dun homme très beau, dune grande distinction mais pas de tendresse, peu daffection, un grand vide, il y avait des gens pour ça. ! À la maison, un professeur de piano qui flirtait avec le cuisinier, une préceptrice qui maimait et détestait ma sur, ma grand-mère, en tout cas, une des deux qui faisait tout pour essayer de nous insuffler une éducation quelle croyait bonne. Elle ma appris à lire, bonne-maman, elle était sourde comme « un pot », je soufflais à ma sur tous les mots quelle attendait delle. Les animaux furent nos compagnons de jeu, on les déguisait, chèvres, cochons, chiens, chats, ils partageaient notre vie dans cette belle demeure. Je crois avec du recul avoir été heureuse et avoir gardé en moi le goût du bonheur qui, plus tard va mempêcher de sombrer. Ma mère inconsciente ma fait du mal, je suis devenue sa confidente, son exutoire, son « écuelle » son amertume. Sa vie gâchée. En effet, quel gâchis, se retrouver en « Marie-Antoinette » si ! jeune, cela peut paraître romantique mais au milieu de métayers arrogants, conquistadors de terres quils navaient pas. Elle a su récupérer au bout de tant dannées des fermes en allant chaque samedi à bicyclette au tribunal paritaire afin den vivre et de nourrir ses filles. Toute sa vie je lui garderai une grande gratitude et une admiration sans borne pour cette démarche à laquelle elle nétait pas préparée ! Je vivais en osmose avec elle. Elle était amorale, quelque part. Mais un goût exquis, elle reçu, fille unique une éducation mesquine et castratrice, que je compris très vite. Au fond, je lexcusais, elle connaissait enfin la liberté, lindépendance, le choix de ses actes. Dans la « pauvreté » toute relative, nous avions le superflu et pas le nécessaire. Jai eu la chance ou le privilège de le comprendre vite.
Dimanche 4 novembre 2001 , il fait beau . Jarrive du cimetière , la vie est belle ! pourtant quelle chienlit , la vie . Dans le dictionnaire , chienlit veut dire : masque de carnaval , mascarade , déguisement , désordre , pagaille , confusion . Les couleurs sont belles . Cest lautomne ! Je te retrouve , les petites cyclamens , que javais laissées blanches sont devenues violettes , comme tes yeux . Je les ai replantées , ma mère , Marguerite , Catherine , Julius Quatre-Solz de la Hante . Je te dois tant !. Ces vibrations que je ressens si fortes me donnent envie décrire ce livre qui est en moi depuis des années . Tu est bien entourée , Verlaine est à deux pas . Je nai jamais osé mettre une fleur sur sa tombe mais je fais le détour . Je ne sais pourquoi jaime les cimetières . Un pouvoir magique en émane . Peut-être est-ce bientôt mon tour ! Je retrouve la maison apaisante , avec ses beaux tableaux . Je suis , heureuse ! Heureuse de lénergie et du pouvoir que tu me donnes ! Merci de mavoir mis au monde , de mavoir fait grandir ! Pourtant les échecs , jen ai connu , pendant ces dix dernières années derrance . Elles mont peut-être rendues plus fortes et plus accomplies ! Ce fort désir dêtre ailleurs , de retrouver un endroit idéal quelle avait connu avant , quelque part . Une impression de déjà vu !
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